Basketball: le nigérian Akin Akingbala licencié pour faute grave après avoir tweeté « Je ne suis pas Charlie… »

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Quelques semaines après avoir retweeté un message critiquant « Charlie Hebdo », le basketteur nigérian Akin Akingbala a été licencié pour faute grave. Selon son avocat, le club de Rouen a estimé qu’il avait porté atteinte à son image.

Le pivot nigérian Akin Akingbala ne portera plus les couleurs du club de Rouen. La raison ? Quelques mots partagés sur son compte twitter, selon l’AFP. Le basketteur, un géant de 2m08, a été licencié pour faute grave quelques semaines après avoir retweeté un message sur l’attentat contre « Charlie Hebdo », le 9 janvier dernier.

« Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort. Charlie a ridiculisé ma foi et je suis mort en défendant son droit de le faire », pouvait-on lire dans ce tweet, écrit au départ par Dyab Abou Jahjah, un chroniqueur du quotidien flamand « Standaard ».

Pour l’avocat du basketteur Romuald Palao, ce retweet a été utilisé comme « un prétexte » par Rouen qui voulait s’en séparer depuis plusieurs mois. « Le club estime qu’il a porté atteinte à son image en partageant ce tweet », a-t-il expliqué. « Ce message n’a rien d’infamant. Akin Akingbala est chrétien. Dans son esprit, cela n’avait rien à voir avec la religion. C’était une manière de dire qu’il fallait aussi parler des policiers et pas seulement de « Charlie Hebdo » », a aussi souligné l’avocat.

Le journal « l’Equipe » s’interroge aussi sur les véritables raisons du licenciement du joueur, champion de France en 2011 avec Nancy : « Difficile de le vérifier, puisque ni le président du club ni son entraîneur n’ont souhaité s’exprimer sur une affaire en cours », peut-on lire dans l’édition de mercredi 25 février.

« Seule certitude, entre les deux parties, cela n’aura jamais été l’idylle cette saison », poursuit le journaliste Yann Ohnona. « Il a été mis plusieurs fois à l’écart du groupe. On lui reprochait d’être hors de forme, très loin du pivot dominant qu’il avait été dans ses années nancéiennes ».

L’affaire va désormais être portée devant les prudhommes. Lors de l’audience, fixée le 4 juin prochain, le joueur réclamera ses salaires jusqu’à la fin de la saison. (source:F24)

Jusqu’où va la liberté d’expression ?

 

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