Crash du MH17 de la Malaysia Airlines, que s’est-il passé? Quelles conséquences pour la compagnie?

Un avion de ligne malaisien, effectuant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur avec 298 personnes à son bord a été abattu, hier, au-dessus de l’est de l’Ukraine. Le Boeing 777 avait quitté Amsterdam à 12 heures 15 locales et a disparu des écrans radar à 15 heures 15, heure d’Amsterdam à dix mille mètres d’altitude puis s’est écrasé près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine à une cinquantaine de kilomètres de la frontière russe.  Aucune des 298 personnes à bord, dont la moitié de Néerlandais, n’a survécu.

L’avion a disparu des radars à dix mille mètres d’altitude, puis s’est écrasé près de la ville de Chakhtarsk, dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine

Les deux boîtes noires ont été retrouvées ce vendredi matin. La thèse d’un missile sol-air tiré par les séparatistes ukrainiens prorusses est de plus en plus évoquée dans la destruction du vol de la Malaysia Airlines, jeudi.

La communauté internationale demande une enquête détaillée sur les circonstances de l’accident, alors que les séparatistes prorusses de l’est ukrainien sont soupçonnés d’avoir abattu le Boeing 777 par erreur, très probablement abattu par un missile sol-air.

Le président américain, Barack Obama, s’exprime sur la catastrophe, depuis la Maison Blanche, et évoque un missile tiré depuis une zone contrôlée par les séparatistes prorusses. Obama estime également que ce crash est un «signal d’alarme» pour l’Europe sur la Russie. Evoquant une tragédie «atroce», Obama a souligné le nécessité de mener une enquête indépendante et transparente avant de se prononcer sur les causes exactes du drame. Il a précisé qu’il y avait au moins un Américain parmi les victimes. Le président américain appelle par ailleurs Poutine à user de son influence sur les séparatistes prorusses.

Une réunion du conseil de sécurité des Nations unies se tient depuis 16 heures, heure française.

Ce crash aérien est le troisième depuis le début de la semaine à se produire dans cette région. Un Antonov 26, un appareil de transport militaire, a été abattu lundi ; mercredi, un Sukhoï 25 connaissait le même destin. Mais ces deux avions volaient à une moindre altitude que le Boeing 777.

Les rebelles pro-russes sont-ils à l’origine du crash du Boeing 777 ?

Les services de renseignements ukrainiens affirment en avoir la preuve. Jeudi 17 juillet, ils ont déclaré avoir intercepté des appels téléphoniques qui relieraient les séparatistes de l’est du pays au crash de l’avion.

Les autorités ukrainiennes ont ainsi révélé aux journalistes une version éditée des cassettes audio sur lesquels auraient été enregistrées des conversations entre les rebelles séparatistes et le renseignement militaire russe à la suite de l’accident.

Les autorités ont identifié les appelants dans une partie de la conversation. Parmi eux, le commandant rebelle Igor Bezler, qui affirmerai avoir abattu un avion peu avant lecrash, et un responsable du renseignement russe Vasili Geranin. Mais l’identité des deux individus n’a pu être vérifiée.

« Juste maintenant, juste maintenant, un avion a été abattu » aurait dit Igor Bezler selon les autorités ukrainiennes. Dans une seconde conversation, qui, toujours selon les autorités, aurait eu lieu après l’inspection du site de l’accident par les rebelles. Un homme aurait dit : « l’avion s’est brisé en morceaux dans l’air ». Avant d’ajouter par la suite, être sûr à « 100 % que c’était un avion de passagers civils ». Ce document reste à authentifier.

Aux Pays-Bas, les drapeaux sont en berne pour la pire catastrophe aérienne de l’histoire du pays.

L’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) a « recommandé fortement » d’éviter le survol de l’est de l’Ukraine et celui de la Crimée.

Malaysia Airlines, une compagnie au bord du gouffre.

Empêtrée dans des difficultés économiques, la Malaysia Airlines pourrait, selon certains analystes, ne pas se relever de ce deuxième drame en Ukraine, quelques mois après la mystérieuse disparition en mer du vol MH370 lors d’un vol entre Kuala Lumpur et Pékin, avec 239 personnes à bord.

A l’ouverture de la Bourse de Kuala Lumpur ce vendredi, l’action de la Malaysia Airlines s’est ainsi effrondrée de plus de 15%, avant de se relever légèrement en fin de matinée, ne perdant plus que 13%.

Certains analystes estiment que « la Malaysia Airlines, telle qu’on la connaît actuellement, ne devrait pas tenir jusqu’à la fin de l’année ».
La compagnie aurait déjà enregistré une perte nette de près de 443 millions de ringgits, soit environ 138 millions de dollars sur le premier trimestre 2014, principalement pénalisé par la disparition en mer de son premier Boeing MH370.

Sans compter les 40 millions de ringgits », l’équivalent de 12,5 millions de dollars, de dédommagement que la compagnie doit débourser aux victimes du premier drame.

Del6297003

Par ailleurs, «dans l’histoire de l’aviation, il n’y a jamais eu une compagnie qui traverse deux catastrophes en l’espace de quatre mois.

La compagnie nationale, détenue à 70% par le fonds d’investissement de l’Etat malaisien Khazanah Nasional, a enregistré une perte de 1,17 milliard de ringgit, soit environ 257 millions d’euros, en 2013. Son dernier bénéfice enregistré – 237 millions de ringgits – date de 2010. Pourquoi cette perte de compétitivité? Selon plusieurs analystes, ces performances s’expliquent en grande partie par une direction médiocre, l’interférence du gouvernement, un sureffectif et des syndicats surpuissants et rétifs aux changements.
Le premier ministre malaisien Najib Razak, vêtu de noir, a tenté de défendre implicitement la compagnie en indiquant que «la route empruntée par l’appareil avait été déclarée sûre par l’Organisation mondiale de l’aviation civile et celle-ci a précisé que l’espace aérien traversé par l’appareil n’était sujet à aucune restriction.»

 

 

 

Comments are closed.