Décès de Fidel Castro, qui va prendre les décisions à présent?

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« Fidel est irremplaçable, toutes les décisions importantes se prendront en concertation » avec lui, assurait en 2006 Raul, qui après avoir, pendant un demi-siècle, veillé dans l’ombre à la défense du pays et à la sécurité de son grand frère prenait sa succession. Aujourd’hui, après le décès du « Lider Maximo « , Raul est pour la première fois seul aux commandes.

Éviter la banqueroute d’un modèle économique obsolète, assurer une succession dans la continuité du régime à parti unique où toute opposition est interdite, et gérer la crise de confiance d’une population jeune et étrangère aux valeurs de la Révolution : les défis qu’affronte le dernier des Castro sont lourds.

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Le dernier des Castro ne part pas de zéro

En opérant un rapprochement avec les États-Unis, qui pourrait à terme être couronné par une levée du sévère embargo qui pénalise son île depuis 1962, le petit frère s’est révélé tacticien politique et diplomatique hors pair. Raul ne part pas de zéro. Aussi méthodique et prudent que son frère était impulsif et audacieux, il a déjà passé huit années à préparer le terrain des réformes. Avec l’aide d’un noyau de fidèles, issus des forces armées qu’il a dirigées pendant près de 50 ans et qui gèrent des pans entiers de l’économie.

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Très discret, Raul s’exprime rarement dans les médias mais « il manœuvre dans l’ombre et « défidélise » Cuba avec méthode », analyse un diplomate occidental qui a passé plusieurs années dans l’île. « Il a passé toute sa vie à assumer le rôle de dur du régime, mais en fait c’est lui qui s’est efforcé depuis longtemps d’introduire des évolutions pragmatiques face aux idéologues sur lesquels s’appuyait Fidel », ajoute-t-il.

Raul injecte aussi des doses d’économie de marché pour « actualiser » un modèle économique obsolète datant de l’ère soviétique : ouverture de petits métiers aux travailleurs indépendants, dégraissage dans le secteur public, encouragement aux coopératives et autonomie accrue des entreprises d’État, autorisation de vente des véhicules et des logements.

Actualiser le modèle cubain

En janvier 2013, il instaure une réforme migratoire qui lève les sévères restrictions imposées aux voyageurs depuis 50 ans. Depuis, des centaines de milliers de Cubains ont pu en profiter et la dissidence a perdu de son influence au gré des nombreux déplacements de ses principales figures. Le couronnement de ses réformes a été l’annonce historique du dégel avec le voisin du nord, qui pourrait apporter un véritable bol d’air à l’économie cubaine.

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Mais à 85 ans, Raul sait aussi qu’il n’a pas l’avenir devant lui. Il doit organiser la succession au pouvoir de la génération historique de la Révolution en vue de son départ annoncé pour 2018. Il a désigné un nouveau numéro deux du régime, Miguel Diaz-Canel, 56 ans, qui pour la première fois n’est pas directement issu de la « génération historique » de la Révolution.

Désormais, le petit frère « orphelin » va devoir s’atteler à la délicate mission de donner un nouveau visage politique au régime fondé par Fidel et trouver une génération de successeurs qui, pour le moment, brillent surtout par leur discrétion.

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