James Pierson Beckwourth: un esclave aux multiples talents

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James Pierson (Jim) Beckwourth

1798-1866

Commerçant noir, Chasseur, Chef chez les Indiens, Trappeur, Conteur

James Pierson Beckwourth est né le 26 avril 1798 à Frederick County en Virginie d’une mère Afro-Américaine esclave et d’un père Anglais, sir Jennings Beckwith. Bien que son père l’ait élevé comme son propre fils, selon la loi, Jim Beckwourth était encore légalement considéré un esclave. Son père apparu publiquement en trois occasions (en 1824, 1825 et 1826) et « reconnut l’exécution d’un contrat d’émancipation en faveur de James, un enfant mulâtre ».

La famille de Beckwourth se rendit à Saint Charles dans le Missouri au début des années 1800, où il fut placé en apprentissage chez un forgeron à Saint Louis alors qu’il était jeune homme. Mais James n’était pas heureux comme apprenti, et après un conflit avec son patron, il quitta la maison en 1822 pour se joindre à une expédition vers des mines de plomb dans la région de Fever River.

Après un bref séjour vers la Nouvelle-Orléans, Beckwourth revint à la maison de son père, mais il a à nouveau la nostalgie du vagabondage, et durant l’été 1824 il s’engage avec e Général William Ashley pour une expédition de piégeage dans les Montagnes Rocheuses.

Le « Moutain Man »

Son rêve était de devenir un explorateur de l’Ouest « sauvage », chose qui était refusée à un Afro-Américain à son époque. Sa passion et sa persistance furent récompensées lorsqu’il décrocha un emploi comme éclaireur pour la « Roky Mountain Fur Company ». Pendant quelques années Beckwourth participa à une série d’expéditions de piégeage avec l’ American Fur Companyet la Rocky Mountain Fur Company où il apprit les techniques du « frontiersman » qu’il utilisera le reste de sa vie. Il a également rencontré et travaillé avec des « moutain men » bien connus tels que Jim Bridger, Jedediah Smith, Jim Clyman et Edward Rose. Il participa au premier « Mountain Man Rendezvous » à Henry’s Fork sur la Green River en 1825. Le lieu des rendez-vous changeait chaque année, et il est rapidement devenu la plus connue institution sociale et des affaires des « mountain men » américains.

Si toute l’autobiographie de Backwourth peut être crue, il joua un rôle dans pratiquement dans chaque évènement survenu dans les Rocky Mountains dans les dernières années de la décennie 1820. Il semble avoir eu quelques problèmes avec les nombres. Si 50 trappeurs furent attaqués par 50 Blackfeet, Beckwourth rapporte que 10 trappeurs ont été attaqué par 500 Blackfeet. Et naturellement, c’est toujours la compétence et le courage de Beckwourth qui sauva la mise.

Malgré sa tendance à exagérer, de nombreuses histoires racontées par Beckwourth ont été confirmées par d’autres sources. Il est clair , que pour le moins, Bleeckwourth a réellement été témoin de nombreux incidents qu’il a décrit. Dans d’autres cas son rôle a été confirmé par des compte-rendus indépendants d’autres « mountain men ».

Pendant cette période de sa vie, tout en faisant des opérations commerciales avec les Blackfeet, Beckwourth eut la première d’une longue série d’ « affaires de cœur » bien que le pragmatisme semblait être plus une force d’entraînement que son cœur. Son mariage à deux femmes Blackfoot apparemment ne dura pas davantage que les opérations commerciales, environ deux semaines.

La vie de Beckwourth avec les « Crow »

Aux environs de 1828, lors d’une expédition de piégeage avec Jim Bridger, Beckwourth est fait prisonnier par une bande de guerriers Crow. D’après le récit de Beckwouth, il a été confondu avec le fils de Big Bowl, un des chefs tribaux, et adopté dans la tribu. D’autres récits indépendants prétendent que son temps avec la nation Crow avait été arrangé avec la Rocky Mountain Fur Company dans le but d’établir des relations commerciales.

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Quelque soit la raison, Beckwourth passa les six à huit années suivantes avec les Crow, et eut une influence considérable sur la tribu. De nombreux documents de ses contemporains confirment sa position de leader des Crow. Il a apparemment été élevé dans leurs rangs au moins au niveau de chef de guerre, et d’après lui fut nommé principal Chef de la Nation Crow après la mort de Arapooish (Rotten Belly).

Les dires de Beckwourth au sujet de sa vie avec les Crow ne sont pas tous confirmés en dehors de quelques témoignages de certains mountain men.

Que nous croyons tout ce que dit Beckwourth ou non, aucun mountain man ne pourrait avoir vécu comme un Crow si longtemps sans se distinguer dans le combat. En effet pour les Crow, la guerre était une façon de vivre, et un homme non qualifié dans la guerre n’était « rien ». Et ce n’était pas dans la nature de Beckwourth (ni d’aucun autre mountain man) de rester un « rien » pour longtemps. Et l’influence considérablr de Beckwourth sur les Crow a été reconnu par ses contemporains ainsi que par les historiens.

Les indiens lui donnèrent deux noms : « Arme sanglante » et « Robe de Taureau ». Il combattit dans beaucoup de guerre en tant qu’indien, mais arrêta après six ans pour joindre l’armée américaine.

Il est clair que le temps que Beckwourth passa avec les Crow sont des souvenirs très agréables. Plus de la moitié de son autobiographie est consacrée à relater ses expériences avec eux. Peut-être que son goût de l’aventure fut satisfait pour un temps par sa vie dans une tribu nomade. Ou peut-être a-t-il découvert le bonheur suprême parmi les Crow. Beckwourth eut jusqu’à dix femmes Crow en même temps- il eut autant de femmes que de noms. D’après ce qu’il raconte, il fut très impressionné par une jeune guerrière, Pine Leaf.

Selon Beckwourth, Pine Leaf avait été capturée dans la tribu des Gros Ventre (Big Belly) à l’âge de 10 ans et grandit comme une Crow. Elle avait un frère jumeau qui a été tué par les Blackfeet, et elle jura qu’elle ne prendrait aucun homme pour mari jusqu’à ce qu’elle ait tué cent guerriers ennemis avec ses propres mains. Beckwourth l’admira beaucoup. « Whenever a war party started, Pine Leaf was the first to volunteer to accompany them. Her presence among them caused much amusement to the old veterans; but if she lacked physical strength, she always rode the fleetest horses and none of the warriors could outstrip her . . . . and when I engaged in the fiercest struggles, no one was more promptly at my side than the young heroine. She seemed incapable of fear; and when she arrived at womanhood, could fire a gun without flinching and use the Indian weapons with as great dexterity as the most accomplished warrior. »

Beckwourth courtisa Pine Leaf incessamment, mais elle l’a toujours repoussé, disant qu’elle l’épouserait « quand les feuilles de pin (Pine Leaf) jauniront » . Mais sa persévérance fut finalement récompensé, et quand Beckwourth revint chez les Crow après une mésaventure, au cours de laquelle ils pensaient l’avoir tué , Pine Leaf renonça au Sentier de la Guerre et accepta de l’épouser.

Mais pour Beckwourth, la poursuite procure toujours plus d’attrait que le but, et cinq semaines plus tard il quitta les Crow. Il ne revu jamais Pine Leaf.

Backwourth dit « Adieu » aux Rockies

Au cours de l’été 1836 de nombreux facteurs combinés mirent fin à la carrière de Beckwourth avec l’ « American Fur Company » et la nation Crow.

A l’est, les changement d la mode diminuèrent considérablement la demande de peaux de castor, et de toute façon, après des années de piégeage, le castor devenait rare.

Les guerres incessantes des Crow devenaient préjudiciables aux intérêts de l’ American Fur Company ». Beckwourth avait souvent discuté avec les Crow à propos « des plaisirs supérieurs de la paix « , en vain.

En somme, Beckwourth lui-même devenait agité. Il n’était pas riche et assez célèbre et avait déjà dépensé beaucoup d’énergie.

En juillet 1836, espérant renouveler son contrat avec l’ « American Fur Company », Beckwourth quitta les Crow et retourna à Saint Louis. Son père était parti depuis longtemps , et décédé en Virginie l’année précédente. Et Saint Louis n’était l’endroit sauvage que Beckwourth avait connu dans sa jeunesse.

Au printemps 1837, Beckwoiurth fit une dernière visite aux Crow et en faisant cela il fut accusé par de nombreux auteurs d’avoir délibérément apporter la variole chez les Indiens des Plaines. Beckwourth avait beaucoup d’amis mais également de nombreux ennemis, et une fois que l’histoire fut divulguée ils en en fait une partie de la légende de Beckwourth. En fait, il n’y a dans cette affaire que le témoignage de quelques écrivains avides de diffamer le caractère de Beckwourth.

L’histoire ne retient pas assez que Jim Beckwourth avait un respect sincère et profond pour les Indiens des Plaines – y compris ceux qu’il a considéré comme ses ennemis. Il aurait considéré la disparition de nombreux hommes, femmes et enfants par maladie comme désastreuse, horrible et lâche. Et de nombreux écrivains ont attribué la peste de 1937 à d’autres causes.

Toutefois, la variole a balayé les plaines au cours de l’été 1837 et tua des milliers d’Indiens. . Inévitablement elle affecta le commerce de la fourrure et la décision de l « ‘American Fur Company » de ne pas renouveler le contrat de Beckwourth. Fin 1837, il était à la dérive.

Beckwourth dans les Everglades

Tandis qu’il était brièvement de retour à Saint Louis à l’automne 1837, Beckwourth fut présenté par William Sublette au General William Gaines, qui recrutait des mountain men pour servir de muletiers dans la guerre Séminole en Floride. Sublette recommanda à Jim de s’engager. Il disait que « la Floride est un pays délicieux, et je devrais trouver une différence importante entre les régions froides des Rocky Moutains et le sud engageant et salubre.

Mais ce n’est pas les régions embaumées qui attirèrent Beckwourth. Sublette dit qu’il y avait là une occasion pour la renommée.

Beckwourth recruta un certain nombre de mountain men et fut engagé comme « Express Rider & Sub-Conducter of Muleteers » pour la somme de 550$ par mois. Son récit de ses expériences en Floride, est, pour une fois, fait sans exagération.

Les hommes sans expérience et leurs chevaux sur de petites embarcations furent victimes d’une tempête et Beckwourth s’échoua sur un récif et attendit douze jours les secours.

Beckwourth est resté dix mois en Floride, faisant quelques missions d’éclaireur et de transport, mais la guerre piétinait ce qu’il trouva insupportable. En été 1838, Beckwourth se retrouve à Saint Louis à la recherche d’un emploi.

Beckwourth sur la piste de Santa Fe

Le marché de la fourrure laissaient des opportunités à des commerçants indépendants. Ainsi Andrew Sublette et Louis Vasquez tentèrent leur chance avec les Indiens du Sud-Ouest, et ils avaient besoin d’hommes tel que Jim.

Vasquez était un vieil ami de Beckwourth et était content de ses services. Ici enfin il avait l’opportunité « excitante » de faire des affaires avec les Cheyennes, les Arapaho et les Sioux – tous ennemis traditionnels des Crow. Ils avaient essayé sur la piste de Santa Fe au fort que Vasquez avait établi en 1835 sur Platte River, qui est maintenant le Colorado.

Beckwourth fut nommé responsable, et il essaya immédiatement de se mettre en contact avec les Cheyennes. Grâce à la compétence de Beckwourth, Sublette et Vasquez eurent de bonnes retombées, et firent assez de bénéfices pour payer leurs dettes et leur matériel de la saison suivante. Mais l’hiver suivant fut désastreux et ils vendirent leur affaire en 1840. Beckwourth se retrouvait à nouveau sans travail.

Mais pas pour longtemps. Après avoir travaillé pour les frères Bent il se mit à son compte avec un compagnon, dans la région de Taos au Nouveau Mexique et commerçant toujours avec le Cheyennes. Leur entreprise se développa et ils s’installèrent comme négociants à Taos. Jim commençait à profiter des fruits de son travail. Il se maria à Luisa Sandoval. En octobre 1842, Jim fonde un comptoir commercial au Colorado où il va être rejoint par une trentaine de familles de colons. Créant une nouvelle communauté qu’ils appelèrent « pueblo ».

Mais cette petite communauté rentrait en concurrence avec les frères Bent qui s’en prirent aux nouveaux venus. Beckwourth avait fait de ses anciens employeurs des ennemis puissants, il fut donc obligé de regarder ailleurs.

Il décide de se rendre en Californie.

Beckwourth et la Révolte Californienne

Beckwourth arriva à Pueblo de Angeles en janvier 1844 avec 12 compagnons et essaya de se livrer à sa nouvelle passion pour le commerce. Avec son talent habituel Beckwourth se trouva mêlé à la révolte de 1845 des colons américains en Californie contre l’autorité Mexicaine. Puis sont venues les nouvelles de l’éclatement de la guerre entre les États-Unis et le Mexique. Beckwourth s’enfuit à toute vitesse avec cinq compagnons en emmenant 1800 chevaux errants. Il justifie cette capture , car c’était au temps de guerre!

Beckwourth et la Guerre Mexicano-Américaine

Beckwourth se dirigea vers Santa Fe où, avec un associé, il créa avec succès un hôtel. Pendant que son associé s’occupait de l’hôtel, Jim exécutait des transports pour l’armée; c’est à son hôtel qu’il apprit la nouvelle qu’une insurrection avait éclaté à Taos le 19 janvier 1847 et que tous les Américains y avaient été massacrés, y compris son vieux patron Charles Bent. Il resta un an de plus dans le sud-Ouest puis partit de nouveau en Californie où James Marshall venait de découvrir de l’or le 24 janvier 1848.

Beckwourth et la « Terrible Tragédie »

L’un des talents de Jim Beckwourth était de se trouver quelque part comme témoin ou comme participant juste au moment d’un événement historique. Son retour en Californie ne fit pas exception, puisqu’il y arriva à l’automne 1848 au moment du rush vers les mines d’or.

Là, il prit part à la courte aventure du Pony Express transportant le courrier de San Francisco à Monterey

Au cours d’une de ses chevauchées il fut témoin d’une des atrocités les plus infâmes et les plus brutales de l’histoire de la Californie. Le meurtre de la famille Reed près de la mission San Miguel

Le col et la piste de Beckwourth

Alors qu’il travaillait comme éclaireur pour le General John Fremont, au printemps 1850, Jim découvrit un col dans la Sierra Nevada Mountains, qui porte son nom aujourd’hui: Beckwrouth Pass. Il établit une piste jusqu’à Marysville qui fut utilisée jusqu’en 1855 moment où le train devint une méthode préférée pour voyager.

Les dernières années

En 1866 le gouvernement des États-Unis demanda à James de l’aider à établir la paix avec les Indiens Crow. Quand il revint chez les Crow ils lui demandèrent d’être le chef de la tribu. James refusa. Les Crow lui préparèrent alors un repas d’adieu. La nourriture servie à James était empoisonnée, et il mourut immédiatement le 25 septembre 1866. Les Crow voulaient garder son esprit exceptionnel avec eux.pierson

Certains pensent que Beckwourth est mort mystérieusement à Denver.

BECKWOURTH, Jim. Mountain Man, Indian Chief: The Life and Adventures of Jim Beckwourth written from his own dictation by T.D. Bonner
NY: Harcourt, Brace & World (1968). First edition thus, edited and with an introduction and epilogue by Betty Shepard. 184pp., illustrations. Fine in very good plus dustwrapper with a little soiling and a short tear on the rear panel. Life of the noted African-American trapper and mountain man.(source: medarus)

 

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