L’édition 2015 de l’Index of Economic Freedom classe les 10 pays les plus « libéraux » d’Afrique

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L’édition 2015 de l’Index of Economic Freedom sur l’état de la liberté économique – telle que définie par le think tank américain The Heritage Foundation – note peu de progrès dans ce domaine en Afrique. Cette année, le Maroc se glisse parmi les dix premiers pays africains, aux côtés de Maurice (1er sur le continent), du Cap-Vert, du Rwanda et du Botswana, sempiternels leaders du classement régional.

La 21e édition de l’Index of Economic Freedom vient de paraître. Ce rapport annuel, édité depuis 1995, évalue la liberté économique – telle que la conçoit The Heritage Foundation, le think-tank ultra-libéral basé à Washington qui publie ce classement – à travers le monde.

Cet indice évalue les pays en fonction de leurs performances dans quatre domaines : l’État de droit, l’efficacité de la régulation, le poids du gouvernement (limited government) et l’ouverture des marchés. Chaque économie reçoit ensuite un note : « libre » (score de 80 ou plus), « plutôt libre » (70-79,9), « moyennement libre » (60-69,9), « plutôt peu libre » (50-59,9) ou « répressive » (moins de 50).

Performances

Dans cette nouvelle édition, Maurice conserve le titre de pays le plus « libéral » du point de vue économique en Afrique, avec un score de 76,4 et décroche au passage le 10e rang mondial, devant les États-Unis (12e), le Royaume-Uni (13e) et l’Allemagne (16e). Les cités-États de Hong-Kong et de Singapour décrochent les deux premières places mondiales.

Aux côtés du Cap-Vert, du Rwanda, du Ghana, de l’Afrique du Sud et du Botswana, habitués à occuper les premiers rangs de ce classement en Afrique, le Maroc se glisse à la 8e place, avec une note de 60,1 (+1,8 par rapport à 2014), son score le plus élevé depuis 2012 et l’une des meilleures performances du Royaume depuis 2001.

 

 

L’analyse que fait The Heritage Foundation de la situation économique dans la plupart des pays africains reste toutefois sombre. Avec un score moyen de 54,99, le continent africain fait bien moins que la moyenne mondiale de 60,4. Des quarante-neuf pays africains recensés dans cette nouvelle édition, sept seulement sont au-dessus de la moyenne.

« La plupart des pays d’Afrique subsaharienne ne disposent pas d’économie ‘libres’, estiment les éditeurs de l’Indice of Economic Freedom. Seul un pays de la région – Maurice – est considéré comme ‘libre’, les autres économies de la région sont quasi-administrées ou répressives. »

Pour autant, poursuit le document du think-tank américain, six des dix plus grandes progressions enregistrées en 2015 ont été le fait de pays africains (São Tomé-et-Príncipe, la RD Congo, le Togo, le Sénégal, le Burundi et le Zimbabwe) et la région continue à évoluer dans la bonne direction ».

Curiosités

Comme cela a été souvent le cas avec les précédentes éditions de ce rapport, les conclusions de The Heritage Foundation ne manqueront pas de surprendre. Ainsi, dans cet indice de la liberté économique, la Gambie (22e en Afrique) arrive devant les Seychelles (23e), le Kenya (24e) et l’Égypte (26e).

Autres curiosités : la Centrafrique – en crise politique et militaire depuis plusieurs années – et le Tchad ont le même score (45,9), tandis que des pays aux fortunes aussi diverses que la Guinée-Bissau (52 points), le Cameroun (51,9) et l’Ethiopie (51,5) ont des notes quasi-identiques.

Enfin, l’Algérie et l’Angola sont rangés au bas du classement, parmi les dix pays les moins libres du point de vue économique en Afrique, aux côtés de la Guinée équatoriale, de la RD Congo, du Congo-Brazzaville et de l’Érythrée.

Dernier pays africain dans ce classement, le Zimbabwe récolte la note de 37,6. Peut-être faut-il encore se réjouir du fait que Harare ait échappé au sort de la Corée du Nord, bon dernier au classement mondial, avec un score de… 1,3 (en hausse toutefois de 30 % sur un an !).(source JA)

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