Marc Guillaume

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Qui est Marc Guillaume?
Et bien je suis un économiste, et je suis professeur d’économie à l’université Paris Dauphine avant d’être professeur j’étais fonctionnaire, j’avais une formation d’ingénieur et puis ces dernières années j’ai pris une distance par rapport à l’économie en m’intéressant à la sociologie et la philosophie ce qui me met en position parfois un peu critique à l’égard des travaux de mes amis économistes.

Allons nous sortir de la déprime économique, le chômage, le pessimisme ambiant?
La réponse à cette question est malheureusement non, nous ne sortirons pas dans les prochaines années du moins de situation de faible conjoncture que nous connaissons c’est à dire une croissance voisine de 0, ce qui est soit n’est pas très grave dans un pays ou les pays européens qui ont atteints un niveau de vie quand même élevé de fait de la croissance soit très ralentie ce n’est pas dramatique mais ce qui est très grave en revanche c’est que cette faible croissance signifie un chômage qui va rester à des niveaux très élevé de l’ordre de 11 % ce qui nous met en situation moyenne en Europe mais dans certain pays d’Europe notamment en Europe du sud en Grèce en Espagne , Portugal le taux de chômage est de l’ordre de 25%, 50% pour les jeunes ce qui veut dire qu’un jeune sur deux va avoir un mal extrême même si il a faut des études pour s’insérer socialement pour lutter, pour obtenir un niveau de vie convenable donc c’est une situation dramatique qui explique très profondément et inévitable la situation de pessimiste d’inquiétude et qui saisie les populations européennes.

Est ce que vous pensez que le chômage va se stabiliser?
Le gouvernement comme vous le savez ainsi que le président de la république pense que le chômage va s’infléchir il va commencer à diminuer, ma conviction est que cela ne va pas se réaliser peut être il y aura une petite diminution de la croissance je ne sais comment dire mais le chômage des ordres de grandeurs vont rester les même malheureusement la croissance n’est pas suffisante et vraiment pas suffisante pour que le chômage baisse la plupart de nos experts considèrent qu’il faudra entre deux et trois % de croissance pour que le chômage commence à baisser sensiblement et durablement et cela c’est hors de porter donc il faut changer de modèle de gestion de l’économie et notamment de gestion du chômage.

Quelles sont les risques pour l’Europe, la Grèce, l’Espagne, le Portugal?
Le grand risque européen c’est qu’il y ait une véritable déchirure de l’Europe entre l’Europe du nord dont fait partie l’Allemagne ayant finalement diverses raisons réussi à maintenir un dynamisme économique essentiellement par une industrie capable d’exporter effectivement il faudrait que nous prenions un peu exemple sur ces pays et le reste de l’Europe c’est à dire ce que l’on appel Europe du Sud, l’Italie l’Espagne la Grèce et le Portugal ces pays qui ont de plus en plus de difficulté parce que leur croissance qui avait été brillante depuis une vingtaine d’année c’est retrouver fonder sur des moteurs de tourismes par exemple des services qui n’ont plus la capacité d’exporter la France n’est pas dans cette situation intermédiaire entre cette Europe du nord et cette Europe du sud pour que le risque c’est qu’il y est des difficultés à maintenir l’union monétaire on le voit bien avec les différentes crises financières avec les problèmes que cela pose au finance publique la nécessité d’avoir des politiques d’austérité, éclatement de l’Europe, éclatement de la zone euro, deuxième risque c’est que les politiques d’austérité durent pendant des années et qu’une crise sociale lié au chômage, perdurant au maintien du chômage à des niveaux très élevés voire une explosion sociale, cette forme d’explosion sociale nous ne savons pas ce que le cas va être cette révolte mais il y a un risque de je dirais au delà du malaise sociale que nous connaissons aujourd’hui hui avec une multiplications de révoltes de manifestations il y a un véritable risque de crise politique qu’une crise sociale se transforme en crise politique avec par exemple la montée des extrêmes droites, la montée d’une certaine forme de protectionnisme donc véritablement un déclin l’Europe ne tiendrait plus sa place en économie mondiale.

Est ce que vous pensez que le Royaume Uni va quitter l’Europe?

Alors j’ai envie de répondre à votre question de manière personnelle je le souhaite à titre personnelle je le souhaite, je vais répondre de manière un peu caricatural j’ai toujours pensé que le RU c’est le 51 état américain il n’a jamais été véritablement européen les anglais qui étaient les maîtres du monde il y a un siècle encore, l’empire britannique c’était vraiment a packs brtitanica comme on disait , je pense qu’ils n’ont jamais accepté d’être un pays parmi d’autre en Europe je pense qu’ils n’ont jamais vraiment joué le jeux européen comme vous le savez ils ne sont pas dans la zone euro, comme vous le savez les opinions publiques anglaises souhaitent quitter l’Europe et donc ce serait peut être une situation plus clair que le RU se mette en partenaire privilégié de l’union européenne, je n’ai pas répondu à votre question je vous ai expliqué mon souhait, si j’oublie mon souhait , si j’essaye de faire une analyse objective j aurais tendance a dire que c’est la solution la plus probable c’est l’avenir le plus probable que l’union européenne perde un de ces membres et garde je l’espère du moins des rapports privilégiés avec le RU.

Y aura t il une crise comme 2007/2008?
Alors il y aura pas une crise comme 2007/2008, la crise qui encore impose ces politiques d’austérités que nous subissons aujourd’hui , cette crise la nous l’avons vécu nous ferons pas la peine, pourquoi parce que dune certaine manière nous avons un peu tiré les leçons de cette crise et donc un certain nombre de régulation se sont misent en place au niveau mondiale et niveau européen on reproduira pas le même accident financier mais on risque d’avoir un accident et un risque important d’avoir un accident plus grave parce que l’un des remèdes qui ont été appliqué à la crise depuis 2007 2008 a été la production de liquidité, liquidité et rémission de monnaie
notamment d’abord aux USA et maintenant aussi l’union européenne fabrique et produit de la monnaie cette excès de liquidité de monnaie est en train de créé une nouvelle bulle potentielle cela ne sera une bulle comme celle des prêts immobiliers hypothécaires américains qui est une bulle locale qui a fait beaucoup de dégâts c’est déjà une bombe la c’est quelque chose dont on a pas idée les masses sont énormes et c’est une bulle mondiale tous les grands pays industrialises bénéficient ce qui aide d’ailleurs à supporter la bulle dont on a été victime, les conséquences de la crise avec cette hyper protection de monnaie donc le risque réelle c’est que dans 3 ans 5 ans 10 ans les économistes se trompent toujours sur l’horizon mais on est sous une menace nucléaire d’une explosion d’une bulle que l’on a jamais produite donc je ne veux pas être pessimiste mais voilà il faut savoir que nous risquons non pas une bulle comme celle que nous avons connue celle de 2007 2008 dont vous parlez il y en avait une avant celle de 2000 avec la bulle internet donc c’est encore une bulle locale alors qu’aujourd’hui on est en train , on pourra peut être la gérer alors le risque est énorme car nous ne connaissons pas les risques de cette bulle, là ce sera pire que la crise de 1929.

Quelles sont les grandes évolutions économique que l’on peut prévoir aujourd’hui?
Nous vivons une période tout à fait passionnante car il y a deux grandes évolutions qui nous posent des défis immenses d’une part comme vous le savez ce que l’on appel la globalisation c’est en fait trois quartiers d’orange il y a le notre qui démarre au nord de l’Europe et qui fini au cap, donc c’est l’Europe, la Méditerranéen, c’est l’Afrique c’est notre quartier d’orange, il y a le quartier d’orange américain , l’Amérique du nord l’Amérique du Sud et il y a un troisième quartier qui est un peu plus compliqué à dessiner c’est le quartier asiatique. Alors comme vous le savez le quartier américain et le notre nous sommes menacés par l’efficacité la concurrence la compétition des pays qu’on appel émergent comme en fait des pays émergés je pense à la Chine en particuliers, cela est le premier défi comment pouvons nous résister à cette compétition.

Deuxième défi c’est que pour revenir à votre première question sur la croissance elle est faible mais en même temps il est certain que nous devons changer de modèle de croissance on ne peut pas continuer à utiliser les matières premières à polluer , je n’insiste pas on en parle tous les jours, donc il faut faire deux choses à la fois il faut continuer la compétition mondiale et en même temps il faut changer de modèle il faut passer de la croissance matérielle quantitative celle des années passées à développement qualitatif fondé sur par exemple par la formation, la santé, la qualité de la vie au sens large, du qualitatif, donc il faut faire ces deux choses en même temps il faut à la fois continuer à être compétitif et il faut changer de trajectoire et donc c’est une manœuvre extrêmement périlleuse et certain pays vont probablement tirer leur épingle du jeu et je souhaiterais c’est le défi pour l’Europe que nous soyons capable de faire face à ces deux évolutions c’est à dire rester compétitif avoir une industrie de haut niveau et en même temps servir un peu de modèle si possible au reste du monde en ayant le soucis de l’environnement le soucis de la santé le soucis de la formation, le soucis de tout ce qui fait finalement ce développement qualitatif dont je rêve et évidement si l’Europe pouvait être un modèle cela veut dire que le quartier d’orange auquel on appartient et notamment nos rapports avec le Maghreb et l’Afrique pourrait être à la fois capable de résister au pays qui est asiatique notamment l’Indonésie, la Chine, le Japon et en même temps capable de créer un modèle de développement qualitatif.

Que représente pour vous TFA? 
Quand vous me dites Time For Africa cela me fait vibrer car cela peut être la Chine de demain, non pas la Chine de demain, la Chine aujourd’hui est très compétitive avec des taux de croissance qui viennent de 14% ou 15% et qui ne font maintenant que 8% on trouve que cela n’est pas assez, la Chine a explosé l’Afrique il ne faut pas qu’elle explose il faut qu’elle se développe avec des taux moyens entre 5% et 8%, c’est bien en même temps c’est l’avenir c’est pour tout c’est l’avenir de l’Europe donc Time For Africa c’est notre avenir mais africain au sens large c’est toute l’Afrique, l’Afrique de l’ouest, l’Afrique du Sud mais aussi le Maghreb il faut que tout cet axe notre quartier d’orange à nous se développe a la fois dune manière rigoureuse pour lutter contre la pauvreté mais en même temps d’une manière équitable en luttant contre les inégalités , en luttant contre toutes les formes de gaspillages et de pollutions ce n’est pas gagner mais vous voyez l’immense défi pour moi Time For Africa c’est l’un des plus grands défis que nous avons a relevé dans les prochaines années.

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