Nigéria: une pénurie d’essence en cours de résolution

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Le Nigeria est paralysé depuis plusieurs semaines par une grève de fournisseurs de carburant. C’est donc toute une économie qui vit au ralenti. Un accord a finalement été trouvé, lundi, entre le gouvernement et les principaux distributeurs de carburant. Malgré cette annonce, le retour à la normale se fait de manière très lente.

C’est une pièce d’à peine 15 m2 dans laquelle Ibrahim a installé d’anciennes grandes coupeuses électriques, des imprimantes et de grandes plieuses qui fonctionnent toutes avec énormément de carburant. Mais depuis deux semaines, cette imprimerie est forcée de suspendre ses commandes, faute de carburant. « Nous avons besoin d’au moins 15 litres de diesel pour faire marcher ces machines. La situation est difficile. Nous n’achetons que la moitié de nos besoins. Hier, c’était vraiment difficile », confirme Ibrahim.

En début de semaine, un accord a été trouvé entre le gouvernement et les principaux fournisseurs de carburant, pour cesser une grève qui paralyse les activités du pays. Mais l’annonce met du temps à être appliquée.

Marché noir

En bordure de route, Aladji, un fonctionnaire, commande quelques litres d’essence pour terminer son trajet. Pas question pour lui, de perdre une journée entière à faire la queue devant une station-service. Aladji préfère se rabattre sur le marché noir, mais cela a un coût : « Aujourd’hui, j’ai dépensé 3 000 nairas. La semaine dernière déjà, je dépensais 1 000 nairas chaque jour pour acheter du carburant parce que le litre est passé à 1 500 nairas, ce n’est pas bon ».

Des jeunes munis de jerricans et d’un tuyau en caoutchouc s’empressent de prendre la commande de cet automobiliste. Ces jeunes profitent de cette crise pour augmenter les tarifs. C’est disent-ils, pour « survivre » et vaincre la pauvreté qu’ils quittent leur village pour mener cette activité clandestine. Comme l’explique Bachir, l’un d’entre eux : « Je sais qu’il y a une forte demande, donc je vends le carburant comme ce bidon-là, à 2 000-2 500 nairas. Je n’ai pas d’emploi. Si j’avais un emploi, je cesserais de travailler dans le marché noir et je retournerais chez moi, à Jos ».

A Abuja, les plus optimistes tablent sur un retour à la normale d’ici vendredi, avec l’investiture du nouveau président. (rfi)

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