Ouverture des jeux olympique de Rio au stade Maracana

2016 Rio Olympics - Opening ceremony

Dans l’enceinte mythique du Maracaña, un spectacle de près de quatre heures a donné le coup d’envoi des XXXIe Jeux olympiques, accueillis par la métropole brésilienne de Rio de Janeiro. Une grande première pour le continent sud-américain.

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Vendredi 5 août 2016, 23 h 49 à Rio de Janeiro. Des mains de l’ancien marathonien Vanderlei Cordeiro de Lima, la vasque olympique du célèbre Maracaña s’embrase, devant les 78 600 spectateurs du temple du football brésilien. Les JO-2016 sont enfin lancés, et ce au terme d’une belle cérémonie d’ouverture, empreinte d’une – relative – sobriété, et qui aura été suivie en direct par près de 3 milliards de téléspectateurs.

Dans l’enceinte mythique de la métropole carioca, le spectacle a tout de même duré près de quatre heures. Une cérémonie orchestrée par les cinéastes Fernando Meirelles, Andrucha Waddington et la scénographe Daniela Thomas, qui a retracé dans les grandes lignes l’histoire du géant d’Amérique du Sud, continent qui accueille les tous premiers Jeux olympiques de son histoire.

La surprise Cordeiro de Lima

Sur la pelouse du Maracaña, évidemmment protégée pour l’occasion, se sont succédé quelques grands noms de la culture brésilienne, notamment les musiciens Gilberto Gil et Caetano Veloso ou encore le top-model brésilien Gisele Bündchen.

2541048-gisele-bundchen-s-offre-le-dernier-defil-950x0-3 Le mannequin Gisele Bündchen défile pour la dernière fois avec une robe signé Alexandre Herchcovitch, créateur brésilien

Mais le grand moment de cette cérémonie restera cet instant magique où l’ex-numéro un mondial de tennis Gustavo Kuerten a pénétré dans l’enceinte avec la flamme olympique, sous les « Guga ! Guga ! » d’un Maracaña euphorique. Puis, à la surprise générale, il s’est arrêté au milieu du parcours pour transmettre le flambeau à l’ancienne basketteuse Hortencia Marcari, star de son sport dans les années 90. Mais Marcari, au pied de l’escalier menant à la vasque olympique, a également marqué une pause… avant de passer la torche à Vanderlei Cordeiro de Lima, qui a finalement allumé la flamme sous le vacarme d’un Maracaña vibrant enfin au diapason de ces Jeux.

L’heureux élu se nommait donc Vanderlei Cordeiro de Lima… Une relative surprise même si son nom était revenu avec insistance ces dernières heures, notamment après l’annonce de la défection du légendaire footballeur Pelé.

3d70y5cqodyr773yyjzueg86p Vanderlei Cordeiro de Lima

L’histoire de ce sportif, en tout cas, a le mérite de parfaitement coller aux valeurs de l’olympisme. Lors des JO d’Athènes, en 2004, Cordeiro de Lima avait subi une incroyable mésaventure. En tête d’un marathon olympique qui semblait ne plus pouvoir lui échapper, il s’était fait happer par un spectateur au deux tiers du parcours. Entraîné dans la foule, il était parvenu à repartir mais n’avait finalement sauvé qu’une médaille de bronze. Un maigre lot de consolation pour celui qui se verra également décerner la médaille Pierre de Coubertin, récompensant un athlète pour son fair-play et son esprit sportif. Mais voilà, douze ans plus tard, il s’est enfin vu offrir le triomphe qu’il avait alors mérité.

Temer hué par les Cariocas

Plus tôt dans la soirée, les spectateurs avaient déjà eu l’occasion de donner de la voix lors du traditionnel défilé des délégations. Une immense parade ouverte peu avant 20 heures (locales) par la Grèce et conclue par les athlètes brésiliens, ovationnés par le public, plus de deux heures plus tard. Au total, un cortège de plus de 11 000 athlètes qui a pénétré dans l’antre du Maracaña en rangs serrés.

La délégation française, emmenée par le judoka Teddy Riner, est entrée à 21 h 39 devant quelques 45 chefs d’État, parmi lesquels le président François Hollande, venu à Rio pour soutenir la candidature de Paris à l’organisation des JO-2024. Et à l’applaudimètre, les Bleus ont pu mesurer l’étendue de leur popularité. Loin, certes, de celle de l’hôte de ces JO, mais tout de même dans le Top 10 des 207 délégations engagées.

Au-delà de l’aspect purement sportif, cette cérémonie d’ouverture revêtait également quelques enjeux d’ordre politique. Peu de surprise de ce côté là. Comme annoncé ces dernières semaines, les chefs d’État américain Barack Obama et russe Vladimir Poutine n’ont pas fait le déplacement. Pas plus que Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, suspendue de ses fonctions et qui fait actuellement face à une procédure de destitution.

En son absence, le très contesté président intérimaire Michel Temer a procédé à l’ouverture officielle des Jeux olympiques. Une intervention de quelques secondes – à peine plus d’une dizaine de mots – qui s’est déroulée sous les huées d’un public visiblement lassé de la crise politique qui perdure depuis plusieurs mois au Brésil.

jih$ Michel Temer au milieu

 

Des Bleus ambitieux

Désormais, place au sport dans la métropole brésilienne, avec d’emblée un programme chargé et qui pourrait permettre à la France de tirer son épingle du jeu. La natation, discipline phare de la première semaine, avait permis aux Bleus de décrocher sept médailles, dont quatre titres, lors des JO de Londres en 2012. Un bilan dont les « hors-bords » français voudront sans nul doute s’inspirer à l’heure d’entrer dans le bassin samedi.

Au total, la France espère ramener une quarantaine de médailles des JO de Rio, même si les instances ne cachent pas leur espoir de voir le record de Pékin tomber dans un peu plus de deux semaines. En Chine, les Bleus avaient terminé les Jeux avec 41 médailles, mais seulement 7 en or, ce qui les avait placé au 11e rang des nations. Loin, très loin du résultat des Jeux londoniens de 2012, où ils avaient atteint la 7e place avec, certes, seulement 35 médailles mais tout de même 11 en or. L’idéal, le 21 août prochain, ce serait que la France s’inspire du meilleur de ces deux olympiades. Et avec les têtes d’affiche dont elle dispose en cette année 2016, c’est un objectif parfaitement atteignable. (france24)

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