Samuel Eto’o risque 10 ans de prison pour fraude fiscale

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Soupçonné d’avoir soustrait certains de ses revenus au fisc espagnol, le footballeur camerounais Samuel Eto’o va être poursuivi par la justice. Les réquisitions du parquet sont significatives : 18 millions d’euros et jusqu’à 10 ans de prison ferme.

Décidément, la justice espagnole et les footballeurs de Liga entretiennent une relation bien compliquée. Après les deux ans de prison auquel le Brésilien Neymar pourrait être condamné dans une affaire d’escroquerie, le parquet espagnol a requis des peines représentant au total dix ans de prison et le paiement de 18 millions d’euros d’amendes à l’encontre du footballeur Samuel Eto’o. Le Camerounais est dans le viseur de la justice dans une affaire de fraude fiscale, a-t-on appris, jeudi 24 novembre, de sources judiciaires.

Dans des réquisitions datées du 10 novembre, le parquet assure que l’ancien attaquant camerounais du FC Barcelone, qui a quitté le club en 2009, a mis en place un montage de sociétés pour éviter de déclarer une partie des revenus tirés de ses droits à l’image à partir de 2006, une fraude représentant un manque à gagner de quelque 3,9 millions d’euros pour le fisc.

« Le footballeur a simulé que ces droits avaient été cédés à deux sociétés domiciliées respectivement en Hongrie et en Espagne, dans le but de réduire son impôt de manière frauduleuse », affirme le parquet dans ces réquisitions consultées par l’AFP et transmises à un juge de Barcelone, en charge de l’enquête sur cette fraude présumée.

Un montage hispano-hongrois ?

Le ministère public estime de ce fait que l’attaquant doit être condamné à rembourser au fisc le montant de la fraude présumée (3,9 millions), majoré des intérêts et d’amendes représentant 14,3 millions d’euros au total.

Le parquet requiert en outre une peine d’un an et demi de prison pour la fraude présumée de l’année 2006, et de trois ans pour chacune des trois années suivantes, jusqu’en 2009, soit dix ans et demi en tout.

Une société basée en Hongrie, détaille le parquet, déclarait ses gains dans ce pays, où le taux d’imposition est un des « plus bas d’Europe ». Une deuxième, espagnole, les déclarait en Espagne, mais ces gains étaient imposés au titre de l’impôt sur les sociétés, inférieur à l’impôt sur le revenu qui aurait dû être payé, selon le fisc.

D’autres joueurs du Barça dans le même cas

Le Camerounais, joueur du Barça entre 2004 et 2009 et transféré cette année-là à l’Inter Milan, « était le vrai titulaire des droits à l’image », affirme le parquet qui estime que l’attaquant a cédé ses droits de manière frauduleuse à ces sociétés.

D’autres joueurs du FC Barcelone, notamment les Argentins Lionel Messi et Javier Mascherano, ainsi que le Brésilien Adriano et le Chilien Alexis Sanchez, ont eu des démêlés judiciaires similaires, liés aux revenus perçus au titre de leurs droits à l’image.

En Espagne, les réquisitions du parquet sont rendues avant le renvoi devant le tribunal, qui n’a pas encore été prononcé.

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