Bientôt un nouveau président pour la Zambie

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Plus de 5 millions d’électeurs zambiens sont appelés aux urnes, mardi, pour élire le successeur du président Sata, décédé fin octobre. Ce pays d’Afrique australe pourrait ainsi connaître sa troisième alternance démocratique depuis l’indépendance.

La Zambie se rend aux urnes, mardi 20 janvier, pour un scrutin ouvert qui pourrait déboucher sur la troisième alternance démocratique depuis l’indépendance du pays, en 1964. Le fait est suffisamment rare dans la région – le pays est entouré de régimes autocratiques comme ceux de la République démocratique du Congo et du Zimbabwe – pour être souligné.

Le vainqueur, élu à la majorité simple – il n’y aura pas de second tour -, dirigera la Zambie jusqu’en septembre 2016, fin du mandat de cinq ans que n’a pas achevé Michael Sata, décédé fin octobre à Londres. Depuis, le vice-président Guy Scottassure l’intérim à la tête du pays.

Deux personnalités se détachent parmi les onze candidats en lice : le ministre de la Défense Edgar Lungu, un juriste de 58 ans, défend les couleurs du Front patriotique (FP), le parti de M. Sata. Face à lui, Hakainde Hichilema, candidat pour la quatrième fois à 52 ans, représente le Parti de l’unité pour le développement national (UNPD).

Le premier est dit humble, proche du peuple mais peu charismatique, tandis que le second est un riche homme d’affaires qui a profité des déchirements du Mouvement pour une démocratie multipartite (MMD) de Rupiah Banda, l’ancien président battu par M. Sata en 2011.

Si Hichilema venait à l’emporter, ce serait la troisième alternance démocratique en Zambie, la première remonte à 1991, un exploit en Afrique où nombre de partis sont au pouvoir depuis plusieurs décennies sans discontinuer.

Les deux principaux candidats sont partisans de l’économie de marché, et promettent de lutter contre la pauvreté en attirant les investisseurs et en créant des emplois, alors que plus de 60 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.

Scrutin ‘très serré’

« C’est très clair que ça sera très serré », estime Oliver Saasa, chancelier de l’Université Mulungushi.

« C’est du 50-50″, estime le chauffeur de taxi Emmanuel Mulenga. « Il est inutile de voter pour un nouveau parti, il voudra repartir de zéro. Laissons juste le PF continuer avec ce qu’il a commencé. »

Mais le producteur de maïs Trevor Mabonga n’est pas du tout d’accord. « Continuité de quoi ? Lungu n’a pas réussi à diriger un cabinet d’avocats et vous pensez qu’il peut diriger un pays ? »

Reporters sans frontières (RSF) s’est ému de ce que plusieurs médias zambiens aient subi pendant la campagne « une lourde pression de la part de membres du Front patriotique (PF), le parti au pouvoir », et « (a condamné) ces menaces qui portent un frein à la pluralité de l’information en Zambie ».

Il n’y a pas eu de sondages, mais les analystes estiment cependant que le candidat de l’opposition a toutes ses chances si le scrutin n’est pas truqué.

« Nous pouvons conclure en toute sécurité que l’opposition va gagner cette élection, mais je ne pense pas que la marge sera très large », estime l’analyste Neo Simutanyi.

La perspective d’une victoire de l’opposition a d’ailleurs forcé le Front patriotique à serrer les rangs, alors qu’il était profondément déchiré, ses dirigeants en étant même venus à s’expliquer devant les tribunaux.

Se réconciliant à la dernière minute avec le président par intérim Guy Scott – un Blanc d’ascendance écossaise qui ne pouvait pas se présenter car ses parents n’étaient pas nés en Zambie -, Edgar Lungu s’est posé en rassembleur, affirmant qu’il formerait un gouvernement de large union s’il était élu.

Bien que battu par Michael Sata en 2011, et poursuivi ensuite en justice par ce dernier qui l’accusait de corruption, l’ancien président Rupiah Banda a même fait campagne pour M. Lungu. Les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures. (source: france 24)

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