Tragédie à l’UCAD : La mort d’Abdoulaye Ba et l’embrasement du campus social de Dakar

Dakar, Sénégal – Le monde universitaire sénégalais est plongé dans le deuil et la colère. Le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de chirurgie dentaire, survenu le 9 février 2026, marque un tournant dramatique dans le conflit qui oppose les étudiants aux autorités depuis plusieurs mois.

Le 9 février restera une date noire pour l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Alors qu’aucune manifestation n’était officiellement prévue ce jour-là, les forces de l’ordre ont pénétré dans l’enceinte du campus social. Selon de nombreux témoignages concordants, Abdoulaye Ba se trouvait dans sa chambre d’étudiant lorsqu’il aurait été violemment pris à partie par des agents de police.

Évacué en urgence vers les services médicaux après avoir subi ce que ses camarades qualifient de « tortures policières », le jeune futur dentiste a succombé à ses blessures quelques heures plus tard. Sa disparition a provoqué une onde de choc immédiate, transformant le campus en un véritable champ de bataille.

Si l’étincelle de la violence est récente, le combustible, lui, s’accumulait depuis novembre 2025. Le mouvement de contestation trouve sa racine dans une revendication sociale fondamentale : le non-paiement d’arriérés de bourses d’études.

Pour beaucoup d’étudiants venus de régions reculées, cette bourse n’est pas un luxe, mais une condition de survie pour se loger et se nourrir à Dakar. L’absence de réponse concrète du gouvernement pendant plusieurs mois a fini par transformer une frustration administrative en une mobilisation de masse.

Les images diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de la violence des affrontements. On y voit des chambres d’étudiants envahies par les fumées des grenades lacrymogènes, des bâtiments en feu et, scène de désespoir absolue, des jeunes sautant des étages d’immeubles pour échapper aux flammes.

Le bilan humain est lourd :

  • Un décès confirmé (Abdoulaye Ba).
  • Au moins une centaine de blessés, selon les syndicats étudiants.
  • 105 interpellations effectuées par la police pour « participation à une manifestation non autorisée » et « destruction de biens publics ».

Face à l’indignation nationale, le gouvernement sénégalais a réagi en promettant que « toute la lumière sera faite » sur les circonstances exactes de la mort d’Abdoulaye Ba. Dans un communiqué officiel, les autorités ont appelé les acteurs universitaires à l’apaisement et à la retenue.

Toutefois, pour les organisations étudiantes et une partie de la société civile, la confiance est rompue. Ils exigent non seulement le paiement immédiat des bourses, mais aussi une justice exemplaire pour leur camarade dont la vie a été fauchée au début de son parcours médical.

Ce nouveau drame repose la question de la gestion du maintien de l’ordre dans les espaces universitaires, censés être des lieux de savoir et de débat, et non de répression physique. Alors que les obsèques d’Abdoulaye Ba se préparent, le Sénégal retient son souffle, craignant que cette « mort de trop » ne déclenche une crise sociale plus profonde à travers le pays.

Tragedy at UCAD: The Death of Abdoulaye Ba and the Escalation of Violence on Dakar’s Campus

Dakar, Senegal – The Senegalese academic world is plunged into mourning and anger. The death of Abdoulaye Ba, a second-year dental surgery student, on February 9, 2026, marks a dramatic turning point in the months-long standoff between students and the authorities.

February 9th will be remembered as a dark day for Cheikh Anta Diop University (UCAD). While no official protest was scheduled for that day, law enforcement entered the social campus area. According to multiple corroborating testimonies, Abdoulaye Ba was in his dormitory room when he was allegedly violently assaulted by police officers.

Evacuated to the medical wing with severe injuries—resulting from what his peers describe as “police torture”—the young aspiring dentist passed away a few hours later. His death sent shockwaves through the university, instantly transforming the campus into a battlefield.

While this specific tragedy sparked the recent fire, the tension has been simmering since November 2025. The protest movement is rooted in a fundamental social demand: the payment of long-overdue student scholarships.

For many students traveling from remote regions, these scholarships are not a luxury but a vital lifeline for housing and food in Dakar. The lack of a concrete government response over several months transformed administrative frustration into a massive, desperate mobilization.

Footage circulating on social media reveals the intensity of the clashes. Images show student rooms filled with tear gas, buildings engulfed in flames, and, in moments of sheer desperation, young people leaping from upper floors to escape the fire.

The human toll is devastating:

  • One confirmed death (Abdoulaye Ba).
  • At least 100 injuries reported by student unions.
  • 105 arrests made by police for “participation in an unauthorized demonstration” and “destruction of public property.”

In response to national outrage, the Senegalese government promised that “full light will be shed” on the exact circumstances surrounding Abdoulaye Ba’s death. In an official statement, authorities called for “appeasement” and “restraint” from all university stakeholders.

However, for student organizations and segments of civil society, the trust is broken. They are demanding not only the immediate payment of scholarships but also exemplary justice for their fallen comrade, whose life was cut short at the very beginning of his medical career.

This tragedy reignites the debate over policing in university spaces—environments intended for knowledge and debate rather than physical repression. As preparations for Abdoulaye Ba’s funeral begin, Senegal remains on edge, fearing that this “one death too many” might trigger a deeper social crisis throughout the country.


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