L’obsession sécuritaire portée à son comble : quand le Rassemblement National s’attaque directement au corps des femmes

L’affichage est désormais officiel. Sous couvert de laïcité et de valeurs républicaines détournées, le Rassemblement National s’apprête à franchir une ligne rouge supplémentaire dans sa surenchère autoritaire. Par la voix de son député Jean-Philippe Tanguy, le parti confirme son projet de sanctionner financièrement toute femme portant le voile dans l’espace public si Marine Le Pen accédait au pouvoir. Une décision grave qui consacre une politique d’oppression d’État ciblant délibérément une minorité.
Verbaliser une femme pour sa tenue vestimentaire : la proposition choque par sa violence symbolique et son archaïsme. En prétendant « libérer » les femmes d’une oppression religieuse, le RN ne fait qu’instaurer une nouvelle forme d’ingérence autoritaire, dictant par la force de la loi ce qu’une citoyenne a le droit de porter ou non dans la rue. L’État se transformerait ainsi en arbitre des gardes-robes et en flic de la foi. À ce rythme d’interdictions absurde, il faut croire que bientôt, même les moutons ne seront plus autorisés à l’élevage en France de peur qu’on en tire de la laine suspecte.
Cette mesure ne vise ni la cohésion sociale, ni l’émancipation, mais bien l’exclusion systématique. En criminalisant le simple fait d’arborer un signe religieux dans la rue, le projet du RN met à l’index des milliers de femmes, précarise leur place dans la société et encourage la stigmatisation ordinaire. Il s’agit d’un signal dévastateur envoyé aux minorités et d’un recul majeur pour le droit d’exister librement sans subir la pression ou la sanction de l’État.
Derrière les tentatives de normalisation et le lissage de façade du Rassemblement National se cache toujours le même fonds idéologique : la division de la société, le repli identitaire et l’érosion continue des libertés individuelles. En proposant de pénaliser des citoyennes pour leurs choix personnels dans l’espace public, le parti montre son vrai visage, prêt à piétiner les principes fondamentaux du droit pour nourrir son fonds de commerce politique. Une dérive contre laquelle il devient urgent de se dresser.
