Ousmane Sonko est un « AS » dans la bataille médiatique

En politique, le Président Macky Sall a été à bonne école. Élève du grand Abdoulaye Wade, l’actuel chef de l’Etat a su laisser ces marques dans le landerneau politique. Dans son ascension fulgurante, il avait presque réussi à réduire l’opposition à sa plus simple expression.Mais un petit poucet est en train de chambouler tous ses programmes.

En moins d’une semaine, le leader du Parti des Patriotes du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité (PASTEF) a réussi à installer la peur dans les rangs de Benno Bokk Yaakaar.Si le locataire du Palais n’évite pas le piège de Sonko, il perdra son fauteuil.

Ousmane Sonko est un « AS » dans la bataille médiatique. En trois jours, il a réussi à faire oublier la sortie de Adji Sarr dans certains médias occidentaux.Vendredi dernier, il avait eu un entretien avec cinq journalistes. Un face à face auxquels, le leader de Pastef s’est donné à son jeu favori, accuser Macky Sall et son régime de tous les maux qui gangrènent le pays. Mais Sonko qualifié par ses adversaires de « manipulateur », a réussi à retourner la situation en sa faveur. Les révélations faites par sa victime présumée lors de ses entretiens étaient un sacré coup pour le nouveau maire de Ziguinchor.

Mais la contre-attaque de Sonko a fait des vagues. Le Patriote en chef a mis Macky Sall et ses services dans une situation des plus inconfortables. Sous contrôle judiciaire et interdit de sortir du pays, il avait brandi un passeport diplomatique qui, selon lui a été signé par les services du ministère des affaires étrangères. Cette révélation et les attaques inopinées contre le régime en place font réagir au plus sommet.

Les inepties de Sonko du vendredi soir font trembler au Palais. Son programme chamboulé par un leader discrédité dans une affaire de viol, le gouvernement se mélange les pinceaux. Non seulement Aïssata Tall Sall a été forcée de travailler un dimanche. Mais ses services ont pondu un communiqué ubuesque et non signé pour tenter d’expliquer d’où Sonko tient son passeport. Se faisant lyncher sur Facebook, la ministre des Affaires Etrangères était obligée de restreindre les commentaires sur sa page. Ce qui prouve que le patron de Pastef a réussi à reprendre du poil de la bête.

Audacieux et téméraire, Sonko avait dit pour qui voulait l’entendre, qu’aucun juge ne pouvait l’emmener en prison dans l’affaire « Sweet beauty ». Pour qui connaît Sonko sait qu’il est habitué des discours guerriers. Mais au final il est loin de l’être. En véritable one-man-show, il a même réussi à saper la sérénité des magistrats. Ces derniers ont tenu une conférence de presse, ce lundi pour répondre à Sonko. Oubliant ainsi que les problèmes judiciaires se règlent au Tribunal. L’unique réponse qui devait faite était d’accélérer le procès pour édifier les deux parties. Malheureusement ils sont aussi tombés dans le piège politique de Sonko…

Xibaaru a raison de dire que Sonko est un danger pour le régime de Macky. Ce « renard » sournois a réussi à tourner les choses à son avantage. Depuis les événements de mars 2021 et son lot de mort, il cherchait la meilleure formule pour rebondir. Les erreurs commises par les gens du « Macky » le ramènent en puissance. Le violeur présumé est devenu un intouchable qui fait peur au Palais.

La colère noire de Macky provoque déjà des tentatives de dédouanement au plus haut sommet. Après le communiqué du Ministère des affaires étrangères, l’union des magistrats du Sénégal s’est senti obligé de répliquer à un suspect (présumé innocent).

Des comportements qui montrent à quel point la peur s’est emparée du camp adverse. Et Sonko gagne encore une seconde bataille. A ce rythme, il a raison : aucun juge ne pourra l’emprisonner dans cette affaire…

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